Banû Hilal

 
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Les Banù Hilal

 

         Les Banu Hilal sont une tribu arabe du clan « Mu’id Bani Ismâ’Îl ». Dans la période préislamique ils étaient des idolâtres, ils servaient l’idole « Xal’a » dans le « Tibala » au Yémen. Ils ont habité « Nadjd », et furent connus pour leur éloquence la pureté de la langue arabe. Ils étaient des « Qaysites ».

         Les Banu Hilal, dans la période préislamique ont combattue les « Azades », une tribu arabe se ramifiant en (04) quatre branches :

1)- Les « Azades d’Oman ».

2)- Les « Azades de As-sarrà au Yémen ».

3)- Les « Azades de Chanou’a également au Yémen ».

4)- Les « Azades de Ghassane ».

         Les Banu Hilal se sont également alliés au « Hawazines » dans la bataille de « Foudjar ».Ils se sont attaqués à la Mecque après son islamisation et sa pacification par le prophète vers 630. Et ensuite se sont emparés de l’Egypte et s’y sont installés au « Sa’id » vers le VIIIème siècle.

         Au Maghreb, exactement le 15 janvier 910, Obeid-Allah pris le titre de « Mahdi » et de commandeur des croyants, reprenant le thème de l’islam iranien qui persistera longtemps dans les mythes politiques du Maghreb : Celui de Maître de l’Heure (Mahdi El-Waqt). Il fonda au sud de Monastir sa capital : Mahdia et une dynastie, les Fatimides.

         Mais, comme à l’accoutumée, cet ensemble, trop vaste pour rester sous une même autorité, se rompit et une partie du Maroc passa aux Omeyyades.

Les Fatimides avaient, au cours de leurs règne, amener en Egypte et en Afrique du Nord au moins un certaine prospérité née de la paix. Les princes s’étaient entourés du luxe des cours persanes ; il n’en fallait pas plus pour attiser la volonté des Berbères de retourner à un Islam fait d’austérité et de guerre.

A la mort d’Obeid-Allah, l’action d’Abou Yazid – un kharidjite intransigeant – se développa. Il allait, sur son âne gris, par le Maghreb Central, exhortant les Berbères à chasser les Fatimides dont il dénonçait la corruption, pour les remplacer par un gouvernement élu par la communauté des fidèles. Avec un tel programme, il ne pouvait manquer d’être suivi par les paysans Berbères. Sa doctrine, comme  toutes les autres du même genre, eut dans l’Aurès un succès foudroyant.

         Les bandes d’Abou Yazid se montrèrent impitoyables pour les citadins et les propriétaires, essayant de soulever les nomades pour les entraîner à l’assaut des villes. Abou Yazid fut fait prisonnier après son échec devant Sousse, et mourut dans les tortures en août 947.

         Les Fatimides ne laissèrent plus qu’un de leurs lieutenants, Ziri, qui fonda sa propre dynastie, les Zirides se rebellant au XIème siècle contre les Fatimides en affirmant son retour à l’orthodoxie contre le chiisme officiel. Jusqu’en 1602, les Zirides eurent à contenir la poussée de nomades et donnèrent à l’Algérie  son cadre citadin moderne, fondant et développant trois villes : Alger, Miliana et Médéa.

         Le Khalife du Caire voulut se venger. Il disposait, dans les steppes de la Haute-Egypte, d’une arme terrible, les tribus nomades des Beni Hilal qui y étaient contenues, il les lança sur l’Ifriqiya, ou ils éliminèrent la dynastie Berbère en Tunisie entre 1050 – 1057 en leur envoyant 200.000 nomades de Haute-Egypte.  

         Jusqu’au milieu du XIème  siècle, la Tunisie a connu la prospérité en même temps qu’une large autonomie qui à conduit l’émir Ziride à rompre avec son suzerain fatimide ; celui-ci, en représailles, lâcha sur l’Ifriqiya la tribu des Hilaliens (1051-1052) : ou c’est considéré comme la seconde invasion arabe importante, qui a modifier les structures et l’économie de l’Ifriqiya ; en effet les tribus hilaliennes dévastèrent le sud et le centre du pays, pillèrent les ville, détruisirent les installations hydrauliques : des régions jusqu’alors fertiles, parce qu’irriguées, retournèrent à la steppe ou au désert, les populations sédentaires des plaines cherchèrent refuge dans les zones montagneuses ou dans les villes fortifiées. Les Hilaliens saccagèrent d’abord Kairouan. Ibn Khaldoun dit qu’elles étaient « semblables à une armée de sauterelles ravageant tout sur leur passage. ».

         Les Hamadites, bien que fidèles à la dynastie fatimide, durent se replier sur Bejaia, où ils établirent leur capital. Par la suite, les nomades cessèrent d’avancer pour s’infiltrer entre les tribus berbères ; ils forment aujourd’hui encore, au sein même de la Grande Kabylie, des îlots importants, comme les Beni Slym près de Dellys ; les Beni Hosain dans la région de Zekri-Rouma et d’autres groupes qui ont pratiquement éliminé les Berbères d’Azeffoun à la Tunisie, le long de la mer.

         Même la dynastie des Almohades à dû souvent faire face à de nombreuses révoltes des Arabes hilaliens.

         Les Banu Hilal triomphent sans peine des Zirides, envahissent le Maghreb oriental puis le Maghreb central, refoulent les paysans sédentaires vers les massifs montagneux ou vers les villes qui s’isolent, se renforcent et deviennent indépendantes. Cette vague arabe à été  suivie par d’autres, et cette invasion à contribué à accentuer l’arabisation de l’Afrique du Nord, à transformer les conditions de la vie économique ; mais finalement un équilibre s’est établi entre Arabes et Berbères, entre nomades, paysans et citadins ; une autre conséquence à été de faire prendre conscience aux Maghrébins de l’importance de la côte et de l’activité marchande maritime, y compris la piraterie.

         Quand les Hilaliens et les Banu Sulaym ont poussé jusqu’à la Tunisie et au Maroc, au début du XIème siècle, et qu’ils s’y sont débattus pendant 350 ans, ils finirent par s’y fixer et les plaines en on été dévastées. Sauf en Libye ou il fallut la grande invasion des tribus nomades de Haute-Egypte, les Banu Hilal, pour rendre vie au pays, au milieu du XIème siècle : ils s’y installèrent à demeure et c’est de cette époque seulement que datent l’arabisation et l’islamisation, à dire vrai la fondation de la nation libyenne moderne.

         Les historiens modernes, reprenant une idée peut-être pour la première fois par Ibn Khaldoun, attribuent souvent le déclin du mode de vie sédentaire du Maghreb à l’arrivée de certaines tribus arabes, en particulier celle des Banu Hilal au XIème siècle. Ils estiment que leurs incursions et déprédations ont profondément affecté toute l’histoire ultérieure de la région, détruisant les gouvernements forts qui étaient les gérants de la vie sédentaire, arrachant la terre à l’agriculture pour la vouer à l’élevage, noyant enfin la population indigène dans une mer de nouveaux immigrants arabes. Mais la recherche récente a montré que les choses n’ont pas été aussi simples.

Des éléments des Banu Hilal sont effectivement entrés en Tunisie, en provenance d’Egypte, au cours de la première moitié du XIème siècle, dans le cadre des tentatives de la dynastie fatimides d’Egypte pour affaiblir la puissance des souverains locaux de Kairouan, les Zirides, ex-vassaux des Fatimides qui avaient rejeté leur suzeraineté. Mais les Zirides étaient déjà sur le déclin, car le commerce de Kairouan périclitait, et leur Etat étant en voie de se désintégrer en principautés plus petites contrées sur des villes de provinces. C’est peut-être l’affaiblissement de l’autorité et la baisse de l’activité commerciale, donc de la demande, qui rendit possible l’expansion des éleveurs. Il est incontestable qu’elle provoqua désordres et destructions, mais il n’apparaît pas, de plus, que le nombre des Banu Hilal ait été                              tel qu’ils aient pu remplacer la population berbère par des Arabes. Ce qui s’est réellement passé à partir de cette  époque, c’est une expansion de la langue arabe et l’idée d’un lien entre les populations rurales du Maghreb et celles de la péninsule arabique l’a accompagnée, mais elle reflétait moins une invasion massive des tribus arabes que l’assimilation des Berbères.

         Les Banu Hilal montre comment un nom pieusement conservé dans la littérature populaire à pu persister et donner une certaine unité à des groupes d’origines différentes, tant arabes que  berbères.

            La geste hilalienne, patrimoine de toute l’Afrique du Nord, s’inspirant de la migration des Banu Hilal, au XIème siècle, depuis l’Egypte jusqu’à Kairouan.